Dunkerque, les grands horizons
Premier port français de la mer du Nord, première plate-forme énergétique
d'Europe, Dunkerque, cœur d'une agglomération de 210 000 habitants est tout à
la fois une ville industrielle, universitaire, balnéaire, culturelle et festive
ouverte sur la région et sur le monde.
Vers le VIIème siècle,
Dunkerque prend naissance au bord d'une petite crique abritée par les dunes,
avec une première chapelle qui lui donna son nom (l'église des dunes, Duyn
Kerke en flamand).
Spécialisé dans la pêche
au hareng, le port se développe. A la fin du XIVème siècle apparaît une
nouvelle activité : la course. Ecumant les mers, les Dunkerquois se forgent
rapidement une réputation sur laquelle repose l'histoire maritime de la cité.
Convoitée par les grandes puissances (Autriche, Espagne, Angleterre), Dunkerque
devient définitivement française en 1662. La ville connaît alors, grâce à
l'intérêt personnel que lui porte Louis XIV, une transformation radicale.
Etendue, embellie, elle demeure le port d'attache de brillants marins dont le
chef de file reste Jean Bart (1650-1702), célèbre corsaire français.
Le XVIIIème siècle se révèle
moins favorable, à l'exception du développement de la pêche à la morue en
Islande, d'où est issue la tradition du carnaval. Mais c'est en 1879 que
s'engage une transformation radicale du port qui lui permet de devenir le
principal débouché du pays sur la mer du Nord et le troisième port de France.
Puis Dunkerque est frappée par les deux conflits mondiaux. Violemment bombardée
en 1914 et 1917, elle sera largement détruite en 1940. Reconstruite après
1949, elle offre depuis un nouveau visage et un port considérablement étendu.
Un port aux atouts multiples
Depuis 1992, le port de Dunkerque a été le premier en France à engager et à réussir la réforme de sa manutention, et il représente aujourd'hui une force économique considérable. Premier port français pour les importations de minerai et de charbon, second pour les exportations de céréales, il se situe globalement au troisième rang national. A quelques minutes de navigation de la première route maritime mondiale " Manche - Mer du Nord ", il peut accueillir tous les types de navires jusqu'à 300 000 tonnes. Il dispose enfin de 3 500 hectares pour des extensions ou l'accueil d'industries, ce qui en fait le plus vaste site d'expansion portuaire en Europe du Nord Ouest.
Un site industriel attractif
Dunkerque dispose d'autres atouts dans la compétition économique. Sa situation géographique est très privilégiée, grâce à des liaisons autoroutières et par TGV avec 5 capitales européennes distantes de moins de 300 kilomètres (Londres, Paris, Bruxelles, Amsterdam, Luxembourg). La concentration des sources énergétiques y est unique en Europe : depuis la centrale nucléaire de Gravelines, en passant par le charbon et le thermique, centrale éolienne, jusqu'à un gazoduc sous-marin géant venu de Norvège qui achemine une grande partie de la consommation française de gaz naturel et bientôt un terminal méthanier. Ces points forts permettent à Dunkerque de continuer à attirer de nombreuses entreprises.
Tourisme et nouvelle université
En même temps que Dunkerque conforte son socle industrialo-portuaire, elle ouvre de nouveaux horizons à son économie. Ainsi chaque année, plus de 6 millions de touristes fréquentent les 15 kilomètres de plage de sable fin des Dunes de Flandre qui s'étendent jusqu'à la frontière belge. Ils y sont attirés par les très nombreux équipements disponibles, dont un Centre Régional de Voile et 3 ports de plaisance, gérés par un office du tourisme et le Syndicat Intercommunal des Dunes de Flandres. La création en 1991 de l'université multipolaire du Littoral Côte d'Opale (Calais, Boulogne, Dunkerque, St-Omer) a également dynamisé l'économie tout en permettant de répondre à la très forte demande de formation d'une population dont le tiers a moins de vingt ans. Cette université, dont le siège est à Dunkerque, a connu un rythme de croissance exceptionnel, et compte 11 000 étudiants et de nombreux laboratoires de recherche.
Développement durable
Toutes ces évolutions se font avec un souci constant : améliorer le cadre de
vie quotidien des habitants, que ce soit dans les quartiers ou au centre-ville.
Dunkerque a d'ailleurs
obtenu le premier prix européen du " développement durable " pour la
qualité et l'originalité de ses actions en faveur de l'environnement :
surveillance de la pollution atmosphérique, tri sélectif des ordures ménagères,
mise en place d'un schéma d'environnement industriel unique en Europe, qui vise
à concilier développement des entreprises et préservation de l'environnement
et de la qualité de vie.
Sport, culture et carnaval
Dunkerque est enfin une ville de sport, de culture et de fête. Classée ville
la plus sportive de France au Challenge l'Equipe 2002, elle rassemble 27 000
licenciés, 114 clubs et organise 500 manifestations sportives chaque année.
Ville de culture,
Dunkerque dispose aussi d'un théâtre-scène national, de musées, d'un café-musique,
d'une école régionale des Beaux-Arts et du Fonds Régional d'Art Contemporain
de la Région Nord/Pas-de-Calais.
Mais la culture à Dunkerque
est d'abord celle de la fête. Le carnaval dunkerquois, créé au XIXème siècle
pour célébrer le départ des marins qui allaient au péril de leur vie pêcher
la morue en Islande, est une fête unique par son authenticité. Et chaque année
des milliers de dunkerquois continuent d'envahir les rues au son des fifres et
des tambours, dans un tempo magique où tout s'accélère - la vie et les
passions.
Texte : Mairie de Dunkerque
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Les deux visages de la façade maritime de Dunkerque : à l'ouest, le port avec ses nombreux bassins et ses équipements impressionnants s'étend jusqu'à la limite du département du Pas-de-Calais. A l'est, la plage de sable et les dunes trouvent leur continuité sur le littoral belge. |
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Un peu d'histoire...
Dunkerque garde dans son nom le souvenir de ses origines au milieu des dunes.
Mais le village de pêcheurs du début du Moyen-Age transcende rapidement la
modestie de ses débuts pour devenir une ville au destin régional puis
national. Les enjeux stratégiques qui se nouent autour d'elle en font le centre
de conflits qui semblent se résoudre lors de l'achat de Dunkerque par Louis XIV
en 1662. Magnifiquement mais brièvement protégée par les fortifications de
Vauban, la cité paraît alors se soumettre aux normes de l'esthétique du
XVIIIe siècle français. Le port rejoint la grande ville à la fin du XIXe siècle
et ne cesse de se développer suivant une logique propre ; au même moment se créent
Rosendaël et Malo-les-Bains sur son flanc est, qui combinent les fonctions complémentaires
de commune suburbaine et de station balnéaire. Ravagée en 1940, Dunkerque est
le champ d'expériences d'une des reconstructions les plus intéressantes de
l'après-guerre.
A travers
les siècles, le dessin de la trame urbaine, l'architecture des édifices
publics et privés reflètent toutes les tensions et contradictions qui
traversent l'histoire de Dunkerque.
Un
développement lié à la mer
Les contours du
centre-ville d'aujourd'hui sont dictés par les bassins et les canaux. La
surface du centre-ville n'a d'ailleurs pas énormément évolué depuis le début
du XVIIIe siècle. Les bassins de la Marine, de l'Arrière-port et du Commerce
avaient déjà une physionomie proche de l'actuelle en 1830. Cependant, à cette
époque, ces bassins faisaient partie intégrante de la ville et contenue dans
les remparts. Le développement pendant le XIXe siècle a permis, en repoussant
ceux-ci, la création de la Citadelle et de nouveaux bassins.
A l'aube des années 1900,
Dunkerque est le troisième port de France. Les documents de cette époque décrivent
une ville débordante d'activité, aux riches échoppes, aux nombreux étals qui
témoignent d'une vie intense autour des principales artères : place de la République,
place Jean-Bart, boulevard Alexandre III, parc de la Marine.
Une ville reconstruite
En 1945, Dunkerque est une ville détruite. Les bombardements successifs ont détruit la ville à plus de 70 %, le nord et le centre sont quasiment rasés. Le port, quant à lui, restera inaccessible jusqu'en juin 1946 et la plupart des industries sont anéanties. Les canaux sont eux aussi ravagés. C'est sur ce terrain dévasté que sera élaboré le nouveau visage de Dunkerque.
Le plan d'urbanisme de Leveau : 1945-1949
Théodore Leveau est nommé en 1945 urbaniste en chef de Dunkerque. Il propose
un aménagement sectoriel qui distingue quatre types de zones.
La première, concernant
« les constructions en ordre continu et habitations collectives », couvre tout
le centre et le nord de la ville, ainsi que les quartiers de la gare et de la
basse-ville. La seconde, zone de « construction en ordre discontinu »,
comprend en réalité la plupart des terrains libérés de l'emprise des
fortifications. La troisième est la zone industrielle, comprenant la Citadelle.
Enfin, la zone portuaire comprend les emprises du domaine maritime et sont
exclues du périmètre des îlots de reconstruction dont l'architecte en chef
aura la charge. Ce zonage rejette donc les industries hors du centre-ville,
celui-ci n'étant plus réservé qu'à l'habitat, aux commerces et aux activités
tertiaires.
Le réseau de voirie subit
peu de changements. Les rues seront élargies lorsqu'une nécessité particulière
se fait sentir, notamment boulevard Sainte-Barbe. Cependant, c'est là qu'est créée
(ou plutôt décalée) la grande artère de Dunkerque destinée au commerce :
accessible depuis la gare (rue du Chemin-de-Fer), elle se prolonge par le
boulevard Alexandre-III, la place Jean-Bart, la rue Clémenceau, pour aboutir à
la place du Minck et continuer vers les nouveaux quartiers nord et la plage. On
crée également la place Bollaert. Sont à noter également l'élargissement et
la création de voies de circulation importantes qui cernent le centre de la
ville, d'un côté vers les bassins (quai des Hollandais) et de l'autre vers le
canal exutoire. Paradoxalement, elles renforcent l'impression que la ville est
coupée de son port et des communes voisines, l'ouverture vers la zone portuaire
et le franchissement des canaux restant problématiques.
Le chantier et les opérations
Reconstruire une ville quasiment ex nihilo, voilà le pari qui est mis en oeuvre
à Dunkerque en cette fin des années 1950. Ce rêve que tout architecte porte
en lui, Jean Niermans aura l'opportunité de le concrétiser et d'en saisir
toute la difficulté.
A l'intérieur d'un cadre
de voirie traditionnel viennent s'insérer les îlots qui dénotent souvent une
appréhension plus moderne de l'espace urbain. Il s'ouvrent par des passages sur
la rue, à l'inverse des îlots complètement refermés sur eux-mêmes, qui délimitent
strictement l'espace public et l'espace privatif par une frontière matérielle
et visuelle infranchissable.
Ces passages offrent une
perception plus transparente et plus ouverte de la ville, ils génèrent des
cheminements piétonniers de traverse, parcours et explorations diverses,
transforment l'appréhension des coeurs d'îlot qui deviennent accessibles.
Les références au Nord
se manifestent dans la faible hauteur des constructions qui correspond à celle
de l'ancien Dunkerque, dans le choix des matériaux, avec la prédominance marquée
de la brique. Cependant le traitement horizontal de façades unifiées sur un
parcellaire découpé, les toitures terrasses accessibles, que Niermans réussit
à imposer presque partout, les encadrements de baies préfabriqués, sont des
manifestations de l'esthétique moderne. Une relative homogénéité s'y dégage.
Certaines opérations se
distinguent par un traitement architectural différencié. C'est le cas des
immeubles qui entourent le beffroi et font face à l'église Saint-Eloi. Ils
viennent en accompagnement de ces monuments et reprennent des caractéristiques
stylistiques de l'architecture flamande.
Concernant la physionomie
propre acquise par la ville, les constructions réalisées boulevard
Sainte-Barbe contribuent à donner l'impression de perspective, poursuivie par
la rue de la Marine et la place Bollaert vers le parc de la Marine. La symétrie
des immeubles, par la position et l'architecture, donnent l'image d'une entrée
vers le centre, tout en offrant une impression d'espace. Par ailleurs, la grande
majorité des réalisations avec une toiture terrasse renforce l'impression d'«horizontalité»
de la ville.
Le développement urbain
actuel doit donc pouvoir s'établir dans les modèles établis lors de la
reconstruction. Le but est donc de renouer avec le passé, d'utiliser les
anciens bassins comme lieu de développement vers la mer, d'utiliser les friches
industrielles laissées par les chantiers navals pour y développer un nouveau
quartier, mais aussi d'intégrer au centre-ville actuel des outils de
dynamisation et de lien entre l'ancien et le nouveau. Rendez-vous à la page de présentation
du projet urbain pour plus de détails.
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Plan
de masse des îlots de reconstruction (projet) Théodore Leveau et Jean Niermans 1949 (A.C. Dunkerque) |
